Modalités d'interventions


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Les personnes accueillies peuvent solliciter le dispositif de façon spontanée et volontaire, être orientées par un proche, être accompagnées par un professionnel ou encore être fortement incitées par la justice (mesure d'obligation ou d'injonction de soins).


Copyright © Dominique Arnould
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Notre engagement


Notre intervention vise l'arrêt de la violence, la prévention de la récidive, un accompagnement au changement par une prise en compte de l'ensemble des déterminants de la violence (déclencheurs internes et externes). Elle se déroule avec une attention particulière à la sécurité de la personne victime, ce qui détermine aussi notre intervention auprès de la personne auteur. Le récit par l'auteur est souvent différent de la victime, la perception et la mémoire de la violence également.

Notre difficulté vient du fait, que, parfois nous avons peu accès à la réalité des faits, particulièrement de la personne auteure. Nous abordons la situation à travers des récits, des tentatives de rationalisation après coup, d'explication du pourquoi de la violence, souvent bien éloignées de la réalité qui l'a produite. Pour notre structure, travailler tant avec des victimes que des auteurs produit une meilleure appréhension des réalités vécues et une meilleure compréhension des mécanismes complexes qui régissent le système auteur-e/victime. Notre approche s'appuie sur un regard systémique sur la violence.

Nous pensons important de proposer une alternative thérapeutique à la violence afin d'aider les personnes concernées à comprendre et à agir sur les déterminants et les racines de celle-ci.

Nous proposons un accompagnement spécialisé quant à la violence, c'est à dire par des professionnels formés et expérimentés quant à cette thématique.



Auteur(e)s


Nous accueillons 2 types de profils :

 

- En majorité, pour le moment, des personnes volontaires, conscientes de leur propre agressivité, qui souhaitent comprendre et modifier un comportement dans lequel ils ne se reconnaissent pas, qui les dépasse et qu'ils estiment anormal. Ces demandeurs ont cherché et trouvé par eux-mêmes la structure qui pouvait répondre à leurs besoins d'accompagnement spécifique, via le "bouche à oreille" (proches ou professionnels).

- Des personnes concernées par la violence mais souvent peu conscientes de leur responsabilité quant aux faits de violence et peu enclins à les reconnaître, ayant des procédures de justice en cours, suite à une plainte de justice, suivies par le SPIP (Service Pénitentiaire Information et Probation) ou d'autres structures éducatives. Il peut s'agir d'une obligation ou d'une injonction de soin. Certains auteurs veulent aussi être pris en charge pour anticiper une démarche justice.

 

L'auteur est incité à reprendre la responsabilité des faits de violence. Un contrat est passé où il s'engage à gérer les facteurs de risque de passage à l'acte et à faire le nécessaire pour cesser toute violence (contrôle, violences physiques, économiques, sexuelles). Tout manquement à cette clause entraine l'arrêt immédiat du suivi. Dans un premier temps, nous l'aidons à mesurer la gravité de la situation et sa dangerosité. Nous le convions à trouver des stratégies d'évitement en cas de tension pouvant conduire à un passage à l'acte, préjudiciable pour tous et toutes. Cela aide à créer une sécurité pour l'auteur et à lui redonner un premier niveau de ce contrôle sur la violence. Un point est régulièrement fait pour évaluer tout passage à l'acte et les circonstances dans lequel il s'est déroulé. Nous pouvons ainsi aborder les circonstances porteuses de risque de débordement, en comprendre les racines personnelles ou biographiques, travailler sur les situations faisant référence et désactiver les traumas parfois sous-jacents.

 


Victimes


Elles sont souvent aux prises avec les conséquences de la violence, sur elles-mêmes, sur leurs proches (les enfants, les relations). Elles sont naturellement plus enclines que les auteurs à demander de l'aide, se sentant impuissantes et inefficaces quant à leur tentative de faire face à la situation violente, d'arrêter la violence et/ou la relation violente, de la limiter, de la réorienter, et d'en sortir de façon constructive et positive.

Elles sont parfois encore en lien avec l'agresseur, prisonnière d'une relation complexe avec celui-ci, notamment lorsque celui ci est le père de ses enfants, ou encore un proche au sein de relations violences conjugales et/ ou intrafamiliales.

Elles ont souvent perdu une sécurité interne de base, ont encore beaucoup de mail à poser des limites et à se protéger (ainsi que leurs proches). Elles sont prisonnières d'un processus cyclique de victimisation qui les maintient dans une mésestime d'elles-mêmes et de leurs capacités d'action, voire dans une relation d'emprise avec leur agresseur, de par la peur qu'il engendre ou entretient. L'action est inhibée, entrainant une dépendance excessive aux autres. Le plus souvent, elles portent la culpabilité de la violence subie et la honte du vécu.

 

Conjointement à une prise en charge spécifique de son vécu, de ses conséquences et de ses racines, nous l'incitons rapidement à veiller elle même à sa sécurité et celle de ses proches en l'invitant à identifier les ressources qu'elle peut mettre en œuvre et les appuis qu'elle peut trouver dans leur environnement.

Nous l'aidons à comprendre les mécanismes et les processus de la violence, nous l'amenons à identifier et à activer tous les moyens de protection à sa disposition, allant, dans un premier temps, de l'évitement actif des situations "délicates" à la mobilisation directe des ressources externes identifiées comme pouvant intervenir, aider, protéger ...

Etre actif(ve) rapidement pour prendre soin de sa sécurité et de celle de ses proches est très important. Les personnes sortent ainsi du cycle de victimisation dans lequel la violence les a placées, et maintenues, pour entrer dans un cycle de responsabilisation, reprenant progressivement un contrôle sur leur Vie, une confiance en leur capacité d'agir. Elles dépassent ainsi un sentiment d'impuissance sur la situation vécue qui leur semblait jusque là sous le contrôle exclusif de l'agresseur.

 


En fin de parcours, un travail avec le couple pourra être proposé si les deux partenaires ont le projet de reconstruire leur relation et si cela est possible. Toutefois, en début de parcours, les protagonistes de la situation seront reçus par des professionnels différents afin de travailler avec chacun-e, sur la violence.

Nous veillons à mettre en perspective la situation de la personne pour favoriser une sortie de la violence, en prenant en compte d'autres facteurs pouvant influer sur la situation (isolement, chômage, problèmes de santé, d'argent, de logement, etc ...) afin d'aider de façon plus globale. Nous pouvons ainsi orienter la personne vers d'autres structures si nécessaire (soin, logement, justice, administrations, emploi, associations d'usagers ou de proches, etc ...) ce afin de faciliter une sortie durable de la violence, en intervenant sur tous les facteurs pouvant être en jeu dans la situation.


Couple


Si la demande concerne un couple ou une famille, nous proposons un accompagnement à chacun(e) avec des professionnels différents, toujours dans un souci d'offrir un espace de paroles et de travail personnel sécurité à chacun(e). Nous veillons à échanger entre professionnels afin d'éviter un clivage dans la prise en charge au sein de notre Equipe, chacun défendant "son suivi" car nous privilégions une aide durable et stable, prenant en compte l'ensemble du système concerné et sa dynamique propre.

L'accompagnement est toujours conduit avec une grande attention à la sécurité de la victime et au risque de passage à l'acte pour l'auteur. Un contrat est ainsi passé avec celui-ci et une évaluation du vécu est faite lors de chaque nouvelle rencontre. La personne est naturellement concernée et active, dans une prise en charge de la sécurité, tant pour la victime que pour l'auteur(e).

 


Copyright © Dominique Arnould
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Nos conditions de prise en charge


Une adhésion à l'association Terres à Vivre

Une participation de 10 € ou 40 € (en fonction des ressources) est demandée tant pour l'accompagnement individuel que collectif. Cela nous permet d'évoquer la participation de financements publics dans nos actions et de rendre conscients les participants au coût social de la violence et de l'engagement des pouvoirs publics quant à sa prévention.

La gratuité est bien sûr assurée aux personnes sans aucune ressource ou ayant de faibles moyens financiers (à évaluer avec le-la psychologue lors du 1er entretien individuel).

Cette participation, aussi minime qu'elle soit, permet d'une part, de présenter l'action, son financement et l'engagement de Terres à Vivre, et d'autre part, aide à favoriser l'engagement de la personne dans un processus thérapeutique réel.